Son prédécesseur mort de la peste, Nicolas Eymerich devient l’inquisiteur général du royaume d’Aragon. Ou plutôt : se doit de le devenir, au prix de son implication dans les intrigues politiques mêlant la couronne, la noblesse, la papauté et les différents ordres religieux.

Impitoyable défenseur de la foi chrétienne, il a user de méthodes dignes des meilleurs détectives pour briser un complot hérétique, auquel la famille royale elle-même serait mêlée.

La manière dont Evangelisti recrée l’atmosphère médiévale, décrivant avec lucidité les agissements d’un personnage authentique (Nicolas Eymerich fut l’auteur du « Manuel de l’inquisiteur »), envoûte rapidement le lecteur malgré certains aspects de l’intrigue, calquée sur le modèle policier classique.

Mais la véritable particularité de ce récit, ce qui lui donne sa tonalité la plus originale, est son entrelacement avec un récit de science-fiction futuriste, située neuf siècles plus tard. Ou comment les agissements de l’inquisiteur du moyen-âge se répercutent sur les destinées de personnages et de mondes lointains…

Un trait de génie à l’abord déroutant, qui fait sortir de l’ordinaire un roman dès lors inclassable ; une curiosité qui plaira notamment à ceux qui ont apprécié le film (ou le roman) « le nom de la rose », avec lequel il est difficile de ne pas faire le rapprochement. Seul regret : le récit futuriste manque singulièrement de force.

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